Le Père Georges Vasilakis, professeur de Nouveau Testament à l’I.T.O., nouveau docteur en théologie de l’Université de Thessalonique

Nous avons le plaisir d’annoncer que le Père Georges Vasilakis, enseignant invité en Nouveau Testament à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge depuis septembre 2023, vient de soutenir avec succès le 1er octobre dernier sa thèse de doctorat à l’Université Aristote de Thessalonique. Son mémoire de 1000 pages a obtenu la mention maximale : « Excellent avec les félicitations du jury ».

La thèse doctorale était intitulée : « Analyse sémiotique des adresses des épîtres pauliniennes du Nouveau Testament : l’herméneutique de la sémiotique ».

La directrice de thèse était Mme Kyriakoula Papademetriou, Professeur émérite de la Faculté de Théologie.

Membres du Jury :

– Mme Karin Bocklund-Lagopoulou, Professeur émérite du Département de Littérature et culture anglaise (Univ. de Thessalonique)

– M. Evangélos Kourdis, Professeur de sémiotique (Faculté de Philosophie, Univ. de Thessalonique)

– M. Sotiris Despotis, Professeur de Nouveau Testament (Faculté de Théologie, Université d’Athènes)

– M. Athanase Paparnakis, Professeur de théologie biblique et d’herméneutique de l’Ancien Testament (Faculté de Théologie, Univ. de Thessalonique)

– M. Vasileios Tserpos, Professeur de Nouveau Testament (Faculté de Théologie, Univ. de Thessalonique)

– Père Christos Filiotis, Professeur d’Histoire des dogmes (Faculté de Théologie, Univ. de Thessalonique).

La thèse montre que la sémiotique offre un cadre systématique à l’herméneutique théologique, et plus particulièrement biblique. Ce cadre permet d’étudier la manière dont un texte produit et organise son sens. Elle analyse les adresses des treize épîtres du corpus paulinien selon un même protocole en cinq niveaux : relief, vitrail, isotopies sémantiques, programme narratif et carré sémiotique. Ce protocole s’appuie sur la sémiotique greimassienne et sur ses développements au Centre pour l’Analyse du Discours Religieux (CADIR), basé à Lyon, où enseigne le P. Georges depuis plusieurs années.

L’étude des relations entre personnes, actions, valeurs, oppositions et répétitions fait apparaître des structures qu’une lecture linéaire ne perçoit pas toujours. Le passage des données linguistiques à l’interprétation théologique devient ainsi plus vérifiable. L’analyse éclaire la manière dont s’élaborent les identités de Dieu le Père, du Seigneur Jésus-Christ, de la communauté ecclésiale et du destinataire. Elle montre aussi comment les valeurs sont fondées et les sujets transformés. Chaque adresse apparaît comme un acte d’énonciation qui établit la condition d’écoute de toute l’épître.

La sémiotique ne remplace pas les approches philologique, historico-critique, théologique ou pragmatique : elle les complète. Elle limite l’attribution arbitraire de sens, car elle exige que chaque conclusion interprétative s’appuie sur un mécanisme précis du texte. Elle révèle enfin que le texte biblique ne transmet pas seulement des idées théologiques. Il configure un monde de sens et invite le lecteur à y prendre place : accueillir les valeurs vécues dans le Christ, changer de manière de penser, prendre position devant Dieu, la communauté ecclésiale et le monde.

L’Institut Saint-Serge se réjouit de compter parmi ses enseignants un chercheur de premier plan dans le domaine prometteur de la sémiotique biblique.